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ÇA SE TRAITE!

LA PSYCHOSE, ÇA SE TRAITE!

Les principaux moyens utilisés pour traiter la psychose et éviter les rechutes sont la combinaison de la médication, base essentielle au traitement de la psychose, et les interventions psychosociales dont la psychothérapie.

De plus, comme il est expliqué sur ce site, une bonne hygiène de vie et l’arrêt de la consommation de drogues et la consommation modérée d’alcool sont également des éléments cléspermettant d’éviter les rechutes.

POURQUOI L’INTERVENTION PRÉCOCE EST IMPORTANTE

À partir des années 90, les équipes australiennes et britanniques ont identifié que les jeunes patients présentant une psychose débutante ont des besoins spécifiques nécessitant une prise en charge distincte de celle des personnes plus âgées atteintes de psychose ou dont la maladie présente plusieurs années d’évolution. Dans ce contexte, des efforts croissants au niveau international ont donc été consacrés à l’instauration de programmes spécifiques pour premiers épisodes psychotiques, certains guides de pratique étant même développés dans cet objectif.

L’un des objectifs principaux de la détection précoce est la réduction de la durée de psychose non-traitée (DPNT) soit le délai entre le début des symptômes psychotiques et l’instauration d’un traitement adéquat. Les données d’études ont démontré que la durée de la psychose non traitée est associée à un moins bon pronostic. Ce délai, qui se chiffre en moyenne à un an (lorsqu’aucun programme de détection précoce n’est offert), est donc associé à un mauvais pronostic symptomatique et fonctionnel. Ainsi, lorsque non traitée, la psychose occasionne beaucoup de souffrance et son impact se répercute à divers degrés sur le fonctionnement social, familial, scolaire et professionnel du sujet.

La « toxicité psychosociale » de la maladie peut avoir de graves conséquences (itinérance, perte d’emploi, détérioration du réseau social, judiciarisation, pauvreté, augmentation de l’abus de substances, suicide, etc.) qui peuvent désorganiser une vie. Une détection précoce et une intervention intensive peuvent toutefois mener à une rémission complète des symptômes et ainsi éviter une souffrance et une incapacité prolongées.

L’intervention précoce dans le cadre de ces programmes vise donc, autant que possible, à prévenir la détérioration psychosociale trop souvent observée dans les premières années d’évolution de la maladie. Une approche de traitement intensif dès les premières difficultés de fonctionnement social, familial et professionnel permet d’éviter cette détérioration, sinon d’en amoindrir les effets et d’optimiser l’accomplissement d’un projet de vie significatif pour la personne. Elle stimule l’espoir chez le jeune et sa famille, devant une maladie qui peut représenter en soi un « traumatisme ». L’intervention préconisée à travers le monde par presque toutes les cliniques pour premiers épisodes psychotiques, puisque démontrées efficaces dans de nombreuse études comprend : la médication aux doses minimales efficaces, des interventions familiales, des activités thérapeutiques de groupe et la psychothérapie individuelle ou de soutien.

Pour en savoir davantage :
Getting help early (EPPIC)
CMHA – Intervention précoce en cas de psychose
Aussi, voir guide sur l’intervention précoce 

L’ÉVALUATION

La première évaluation se fait le plus tôt possible après la réception de la référence. Un premier contact est établi, habituellement en moins de 48h (ouvrables) afin de déterminer si la personne présente des signes probables d’un début de psychose. Par la suite, une évaluation plus approfondie est complétée par une équipe d’experts de l’équipe multidisciplinaire afin de déterminer si la personne souffre de psychose et quels sont ses difficultés, ses besoins et son projet de vie.

Après l’évaluation, un traitement médical et psychosocial complet et intensif est offert au jeune adulte par une équipe multidisciplinaire (constituée de psychiatres, travailleurs sociaux, ergothérapeutes, psychologues et infirmières), dans un climat convivial et accueillant, en priorisant l’intervention dans le milieu de vie du jeune autant que possible. Lorsque nécessaire, l’hospitalisation la plus courte possible est facilitée. Dans les moments de crise, le suivi peut être intensifié si nécessaire. Il est souvent même possible qu’un jeune vienne quotidiennement à la clinique afin d’éviter ou d’écourter l’hospitalisation. Tous les efforts sont mis en œuvre afin que le jeune retrouve un degré de fonctionnement optimal.

LA MÉDICATION: UNE BASE ESSENTIELLE

Les principales classes de médicaments utilisées dans le traitement des maladies psychotiques sont les antipsychotiques et parfois les antidépresseurs et les stabilisateurs de l’humeur, qui peuvent optimiser l’effet des antipsychotiques lorsque c’est nécessaire.

La prise de médicaments est essentielle lors du traitement de la phase aïgue, c’est-à-dire lorsque les symptômes sont clairs et bien présents : délires, hallucinations, pensée confuse. L’objectif de lamédication est de stabiliser le patient, de le « ramener sur terre » afin de pouvoir entamer la psychothérapie, c’est-à-dire un suivi avec les intervenants de l’équipe traitante : psychiatre, ergothérapeute, travailleur social, infirmière et/ou psychologue. La prise régulière des médicaments permet donc de contrôler efficacement, et souvent rapidement, les symptômes de la psychose et d’ensuite initier le traitement multidisciplinaire.

Après la phase aigüe dans les phases de stabilisation et de maintien, la médication permet de prévenir d’éventuelles rechutes et de maintenir le contrôle des symptômes, ce qui permet de pouvoir poursuivre ses objectifs de vie. L’observance à la médication est un des facteurs principaux permettant d’éviter la rechute avec l’abstinence de drogues. Il est primordial de prendre la médication telle qu’elle est prescrite (posologie, fréquence, etc.) par son médecin. Si vous avez des réticences à les prendre (croyances par rapport à la santé, effets secondaires, solution peu acceptable pour votre culture, etc.), parlez -en avec votre équipe traitante.

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GESTION DES EFFETS SECONDAIRES

Il faut d’abord savoir que tous les effets secondaires sont plus marqués les premiers jours, mais tqu’habituellement en moins d’une semaine l’organisme s’adapte et plusieurs effets secondaires disparaissent. Les effets secondaires doivent être signalés le plus rapidement possible au médecin traitant afin qu’il puisse apporter les modifications nécessaires, le cas échéant. Toutefois, il est impératif de ne pas cesser de prendre les médicaments afin de contrôler le risque de rechute, qui demeure élevé surtout pendant la première année.

PRISE DE POIDS

Un des effets secondaires les plus fréquents avec la prise d’antipsychotiques est le gain de poids. Par contre, il est important de savoir que le poids gagné peut souvent être perdu grâce à l’exercice et une alimentation appropriée. Par exemple, si une personne prend 15 ou 20 livres en raison de le médication, il est tout à fait possible de le perdre graduellement. En effet, il s’agit là d’un des éléments clés : la constance. Il vaut mieux atteindre son poids santé plus lentement et pouvoir le maintenir sainement. Il faut aussi se méfier des médicaments ou suppléments« brûleurs de gras », qui, bien souvent, contiennent énormément de caféine ou de psychostimulant (risque de rechute pour la psychose). Toutefois, il est aussi préférable d’être prudent dès le départ pour éviter la prise de poids. Si vous avez une augmentation de l’appétit, tentez de contrôler la quantité et la qualité des aliments que vous mangez.

Au niveau de l’alimentation, il est préférable d’éviter les régimes « miracles» ou les diètes de privation extrême, qui donnent généralement des résultats décevants et temporaires. Par contre, il faut privilégier une alimentation saine, c’est-à-dire éviter de manger souvent du fast-food et privilégier les plats maisons. De plus, il faut faire attention aux boissons gazeuses ainsi qu’aux grandes quantités de jus et de lait. Même si les jus de fruits et le lait sont des aliments santé, ils peuvent être une source élevée de calories si consommés en trop grande quantité. Pour atteindre et maintenir un poids santé, il est important de choisir des aliments santé, c’est-à-dire des aliments entiers, des fruits et des légumes et des sources de protéine maigre (volaille, bœuf, poisson, œuf, etc.). L’interface dynamique permettant de créer son propre guide alimentaire personnalisé du Guide canadien pour manger sainement peut être une aide utile pour orienter les repas. Ce site, profilAN, fournit également de l’aide à la planification des repas et à la planification de l’exercice, est en français et est gratuit.

Tout en optant pour une alimentation saine et des portions raisonnables (cliquer pour un guide selon l’âge), il est impératif faire de l’exercice physique régulièrement. Il est préférable de choisir une ou plusieurs activités que l’on aime afin que ce soit un loisir et non une corvée. L’OMS émet les recommandations suivantes concernant le groupe des 18 ans et plus : (pour plus d’informations sur l’exercice physique)

- Les adultes âgés de 18 à 64 ans devraient pratiquer au moins, au cours de la semaine, 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.

- L’activité d’endurance devrait être pratiquée par périodes d’au moins 10 minutes.

- Pour pouvoir en retirer des bénéfices supplémentaires sur le plan de la santé, les adultes devraient augmenter la durée de leur activité d’endurance d’intensité modérée de façon à atteindre 300 minutes par semaine ou pratiquer 150 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité d’intensité modérée et soutenue.

- Des exercices de renforcement musculaire faisant intervenir les principaux groupes musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine.

SOMNOLENCE

Elle peut être plus marquée les premiers jours suite à l’introduction de la médication, mais devrait s’estomper en moins d’une semaine. De plus, si durant l’épisode de maladie, le sommeil est perturbé, il est probable que votre organisme ait besoin de plus de repos et « récupère » le sommeil manqué et le surplus d’énergie « dépensé » durant l’état d’agitation ou d’insomnie.

Toutefois, si les réveils le matin demeurent difficiles, tentez de prendre votre médication du soir un peu plus tôt en soirée, voire vers l’heure du souper (voir avec votre médecin ou pharmacien si c’est possible avec votre médication). Il est toutefois possible que vous ayiez envie d’aller dormir plus tôt en soirée. Ajustez graduellement l’heure de prise de la médication de façon à trouver une équilibre pour que les réveils soient plus faciles et vos soirées agréables.

L’usage d’une boisson caféinée avec modération (ex. un café le matin) peut aider à combattre la somnolence ou la sédation reliée à la médication. L’activité sportive peut aussi aider à augmenter l’énergie.

Parlez-en à votre médecin, il pourra vérifier si d’autres médicaments ou une combinaison de médicaments peuvent être responsable de cette somnolence, il pourra possiblement ajuster la dose voire changer de médicament pour un qui est moins sédatif. En effet, certains médicaments sont plus sédatifs que d’autres (ex. Olanzapine, Clozapine, Epival, etc.)

DIFFICULTÉS COGNITIVES

Un autre effet secondaire fréquent des antipsychotiques est les difficultés cognitives. Cela peut être parfois lié à la somnolence,. La difficulté à se concentrer, les problèmes de mémoire et les difficultés à s’exprimer souvent dus à la maladie (près de 85% des gens atteints de psychose ont des troubles cognitifs) peuvent parfois être aggravés par certains médicaments.. Ainsi, si les difficultés de concentration et de mémoire et le manque d’énergie semblent être dues à la psychose elle-même, nous aurons plus avantage à ajuster la médication à la hausse dans un premier temps. Toutefois, si les symptômes sont plutôt le résultat de la médication elle-même, il est souhaitable d’essayer d’ajuster la dose ou le moment d’administration (le soir plutôt que le matin, par exemple) ou peut-être essayer un médicament différent.

Dans tous les cas, il est important d’en parler avec votre médecin ou un membre votre équipe traitante, car il est risqué de faire soi-même des modifications à la posologie. De plus, l’équipe traitante est là pour travailler avec vous et pour vous et tâchera en tout temps de minimiser l’inconfort dû aux médicaments et à la psychose.

 

UNE DOSE OUBLIÉE OU SAUTÉE A DES CONSÉQUENCES À COURT TERME, SUR L’HUMEUR, LA QUALITÉ DU SOMMEIL, L’ATTENTION OU SUR L’APPARITION DE SYMPTÔMES, MAIS AU MOINS, DISPARAIT DÈS QU’ON PREND LA DOSE SUIVANTE, LE SOIR MÊME OU LE LENDEMAIN.

VRAI OU FAUX?

Faux :

En plus de poser un risque à court terme, le fait de sauter une dose, même juste une fois par semaine, peut avoir des conséquences à long terme. Ainsi, une étude récente démontre que le risque est cumulatif. Dans cette optique, si vous sautez quelques doses à chaque semaine, au bout de quelques mois, votre risque de réhospitalisation est beaucoup plus élevé que si vous aviez pris le médicament tel que prescrit, et ce même si vous n’avez pas ressenti de symptômes.

 

 

TROUBLES SEXUELS

Certains médicament peuvent causer une diminution temporaire de la libido ou de l’orgasme (chez l’homme ou la femme) ou des troubles érectiles. Tous ces effets secondaires sont réversibles à l’arrêt de la médication. Quoique la majorité des gens n’auront pas de troubles sexuels, certains médicaments sont plus susceptibles d’en causer (ex. Risperidone, paliperidone). Parfois un ajustement de dose ou le changement de médication antipsychotique ou l’utilisation du Viagra ou du Cialis peuvent contrer cet effet secondaire. Si cet effet secondaire survient, ne soyez pas gêné, parlez-en à votre médecin ou votre infirmère. La sexualité est une facette très importante de la vie.

TROUBLES DU MOUVEMENT

Des tremblements, une rigidité des bras ou des jambes ou d’autres problèmes comme l’akathisie « bougeotte » peuvent aussi être présents, surtout avec les antipsychotiques de première génération. L’ajustement de la dose, la prise d’une médication « antidote », tel que la procyclidine (Kémadrin) ou la benztropine (Cogentin) ainsi que le changement d’antipsychotique, permettent de contrôler ces effets secondaires.

GESTION DU STRESS

Comment puis-je surmonter efficacement mon stress?

Dans la vie, il y a des événements importants qui peuvent être stressants comme par exemple débuter un nouvel emploi, se marier ou devenir parent. Les inquiétudes fréquentes que l’on peut avoir au sujet de ses finances ou de l’avenir de ses enfants peuvent également être des sources de stress. Les problèmes quotidiens comme une panne de voiture ou un retard au travail sont d’autres éléments stressants. Les événements qui occasionnent du stress ne sont pas nécessairement tous négatifs. Nous pouvons les percevoir comme des difficultés qui enrichissent notre vie, ou comme des éléments stressants qui nous empêchent de jouir de la vie. La façon dont nous percevons ces événements influence grandement notre bien-être physique, mental et social. Vous pouvez améliorer votre qualité de vie en maîtrisant votre stress. L’utilisation des techniques décrites ci-dessous devrait vous aider à mieux surmonter votre stress :

  • Trouvez un juste équilibre entre votre travail et vos loisirs. Gérez votre emploi du temps de manière à ne pas vous sentir coupable de vous reposer et à ne pas perdre votre temps au travail.
  • Prenez le temps de rigoler.
  • Apprenez à déléguer des tâches. Vous n’êtes pas obligé de tout faire vous-même.
  • Apprenez à utiliser des techniques de relaxation comme le yoga ou la méditation. Explorez votre spiritualité.
  • Faites suffisamment d’exercice. Au besoin, combinez l’exercice avec des tâches domestiques qui demandent un effort physique (jardinage, ménage).
  • Apprenez à gérer votre temps. Établissez des listes de priorités.
  • Mangez sainement. L’alcool, la caféine et les matières grasses que vous consommez entravent votre capacité à surmonter le stress. En revanche, les fruits, les légumes et les grains entiers vous aident à le surmonter.
  • Consacrez assez de temps au repos, au sommeil et aux besoins de votre corps.
  • Discutez de vos problèmes ouvertement avec vos amis, votre famille ou des conseillers.
  • Faites une escapade de temps à autre. Prenez un repos complet. Amusez-vous!
  • Sachez que vous n’avez pas besoin de « remporter » chaque discussion. Laissez de côté votre esprit de compétition.
  • N’essayez pas d’être parfait, et ne vous attendez pas à ce que les autres le soient non plus.

En savoir plus

Brochure Vérifiez votre indice de stress (janvier 2012) de l’ASCM et de la Fondation des maladies du coeur (PDF)