S’aider soi-même, comme parent

Dans les phases de développement normal, tout parent doit faire le deuil de l’enfant idéal et des illusions placées en lui. Dans le contexte de l’émergence de la psychose, ce deuil est accentué. Le parent peut se questionner sur l’« avenir normal », c’est-à-dire que l’enfant ne sera peut-être plus jamais le même, ce qui peut être source d’anxiété. De plus, le parcours normal est souvent ralenti et modifié : études supérieures, carrière, quitter le foyer familial.  Au niveau du couple des parents, la liberté et l’intimité peuvent être perturbées et les projets de retraite, modifiés ou retardés. Ils doivent parfois abandonner certains rêves secrètement entretenus. Une autre source d’inquiétude est l’éventuelle non-disponibilité des enfants pour supporter les parents vieillissants.

À ce moment, les parents se questionnent : « que va-t-il devenir? » Pourra-t-il se débrouiller lorsqu’ils ne seront plus là? Certains parents peuvent se sentir coupables, avoir l’impression d’avoir « transmis » génétiquement la maladie de ne pas avoir su la prévenir. D’autres réactions normales peuvent impliquer ressentir de la honte, du déni ou même un refus d’admettre la maladie du jeune adulte, la remise en question de l’équipe traitante et même la mise en échec du plan de traitement, ce qui, évidemment, n’est pas souhaitable. Parfois, les parents tentent d’attribuer la psychose à l’abus de substances uniquement.

D’autres parents peuvent continuer d’entretenir des exigences trop élevées à l’endroit du jeune adulte, en refusant de voir les limites amenées par la psychose et de réviser leurs attentes. Il est aussi souhaitable de laisser le jeune choisir son propre cheminement et son nouveau projet de vie, si c’est le cas. La surprotection, et notamment en contrôlant la médication,  le diagnostic ou encore les finances, est un comportement qui peut être normal.

Liens utiles :

Groupe psycho-éducatif s’adressant aux proches de personnes atteintes d’un état psychotique (programme 2016-2017)

Avant de craquer (ressources pour les proches)

Trouver des ressources par région administrative du Québec

Groupes de support AMI-QC

Information pour la famille (AMI-QC)

Liste de ressources en santé mentale (SQS)

Vous êtes le parent ou l’ami d’une personne qui souffre de troubles mentaux? L’AQPAMM est là pour vous.

 Il est peut être très stressant de constater qu’un proche souffre de psychose. Vous pouvez vous sentir choqué, confus, frustré ou coupable. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de se sentir.

Vous aussi pouvez avoir besoin d’aide et il peut, encore une fois, être difficile de l’admettre et de l’accepter. Par contre, il faut parfois se rendre à l’évidence que d’avoir à charge une personne souffrant de psychose puisse être un défi, particulièrement si cette personne refuse d’admettre qu’elle a un problème ou si  elle ne souhaite pas collaborer (prendre ses médicaments, etc.)

L’aide aux proches (familles et amis) peut aussi prendre la forme de formation et d’éducation en matière de santé mentale. Des groupes de soutien sont organisés à plusieurs endroits (voir liens cliquables ci-haut). Vous pouvez aussi demander aux membres de l’équipe traitante de vous référer aux ressources les plus appropriées.