La consommation de drogues et la psychose

Cannabis, alcool et autres drogues illicites

De plus en plus d’études démontrent que la consommation de cannabis, même en petite quantité ou à l’occasion, est un facteur de risque important pouvant déclencher la psychose. La consommation de drogues (incluant l’alcool en grandes quantités) diminuent l’efficacité de la protection contre la psychose qu’offrent le traitement, puisqu’elle augmente la vulnérabilité et peut donc entraîner des rechutes c’est-à-dire déclencher à nouveau des symptômes de psychose. À ce sujet, la prise de psychostimulants, tels que la cocaïne et les amphétamines (speed) de même que les hallucinogènes (ex.. ecstasy), comporte de plus grands risques que le cannabis quant au potentiel de rechute et de déclenchement de psychoses. Par contre, le cannabis pose aussi un risque important puisque sa consommation est plus répandue et banalisée .

Il est parfois difficile de se convaincre d’arrêter de consommer, et ce malgré une première psychose ou une rechute, car ça fait souvent partie du mode de vie de plusieurs jeunes et il s’agit d’occasions de socialiser. Néanmoins, il faut garder en tête que ce n’est pas parce qu’on consomme et qu’on ne rechute pas à une ou plusieurs occasions que la rechute ne viendra pas. La drogue et l’alcool sont des stress biologiques pour le cerveau et c’est le cumulatif de stress (biologique et psychologique) qui entraîne une psychose chez les individus prédisposés. Puisqu’on ne contrôle pas toujours les stress psychologiques ou sociaux (perte d’emploi, rupture amoureuse, etc.), consommer c’est prendre un risque à chaque fois.

Il est important de savoir que les rechutes dues à la consommation de substances psychoactives sont souvent plus difficiles à traiter, répondent moins bien aux médicaments utilisés et nécessitent souvent l’ajout d’un ou plusieurs médicaments additionnels pour contrôler la phase aiguë.

Des études récentes, dont une menée à la Clinique JAP, ont démontré que la persistance de la consommation de ces substances est associée à une moins bonne évolution symptomatique et au niveau du fonctionnement social (ex. emploi).  De plus, il est connu que les rechutes à répétition sont plus difficiles à traiter, que la rémission est plus longue et qu’elles peuvent parfois entraîner des psychoses réfractaires au traitement, c’est-à-dire qui ne répondent pas aux différents antipsychotiques connus. Enfin, ces substances contribuent à augmenter les effets indésirables des antipsychotiques, soit parce que leurs effets s’additionnent (somnolence) ou parce que des doses plus hautes sont nécessaires pour contrôler la psychose.

Si on consomme du cannabis de manière occasionnelle et qu'on ne présente pas de symptômes de psychose, alors on n'est pas risque ? Vrai ou faux?

Dans certains cas, un séjour en  thérapie de désintoxication ou de réinsertion pour la comorbidité santé mentale-toxicomanie peut être nécessaire.

Nos partenaires principaux sont:

 

  • Service de médecine des toxicomanies du CHUM St-Luc
  • Unité de psychiatrie des toxicomanies du CHUM St-Luc (UPT)
  • Portage
  • Toxico-Gîte – Domaine Orford
  • Centre Dollard-Cormier