Pourquoi l’intervention précoce est importante

À partir des années 90, les équipes australiennes et britanniques ont identifié que les jeunes patients présentant une psychose débutante ont des besoins spécifiques nécessitant une prise en charge distincte de celle des personnes plus âgées atteintes de psychose ou dont la maladie présente plusieurs années d’évolution. Dans ce contexte, des efforts croissants au niveau international ont donc été consacrés à l’instauration de programmes spécifiques pour premiers épisodes psychotiques, certains guides de pratique étant même développés dans cet objectif.

L’un des objectifs principaux de la détection précoce est la réduction de la durée de psychose non-traitée (DPNT) soit le délai entre le début des symptômes psychotiques et l’instauration d’un traitement adéquat.  Les données d’études ont démontré que la durée de la psychose non traitée est associée à un moins bon pronostic.  Ce délai, qui se chiffre en moyenne à un an (lorsqu’aucun programme de détection précoce n’est offert), est donc associé à un mauvais pronostic symptomatique et fonctionnel. Ainsi, lorsque non traitée, la psychose occasionne beaucoup de souffrance et son impact se répercute à divers degrés sur le fonctionnement social, familial, scolaire et professionnel du sujet.

La « toxicité psychosociale » de la maladie peut avoir de graves conséquences (itinérance, perte d’emploi, détérioration du réseau social, judiciarisation, pauvreté, augmentation de l’abus de substances, suicide, etc.) qui peuvent désorganiser une vie. Une détection précoce et une intervention intensive peuvent toutefois mener à une rémission complète des symptômes et ainsi éviter une souffrance et une incapacité prolongées.

L’intervention précoce dans le cadre de ces programmes vise donc, autant que possible, à prévenir la détérioration psychosociale trop souvent observée dans les premières années d’évolution de la maladie. Une approche de traitement intensif dès les premières difficultés de fonctionnement social, familial et professionnel permet d’éviter cette détérioration, sinon d’en amoindrir les effets et d’optimiser l’accomplissement d’un projet de vie significatif pour la personne. Elle stimule l’espoir chez le jeune et sa famille, devant une maladie qui peut représenter en soi un « traumatisme ». L’intervention préconisée à travers le monde par presque toutes les cliniques pour premiers épisodes psychotiques, puisque démontrées efficaces dans de nombreuse études comprend : la médication aux doses minimales efficaces, des interventions familiales, des activités thérapeutiques de groupe et la psychothérapie individuelle ou de soutien.

Pour  en savoir davantage :

Getting help early (EPPIC)

CMHA – Intervention précoce en cas de psychose

Aussi, guide sur l’intervention précoce à télécharger