Retour au travail/études

Retour travail – études

La philosophie au cœur du traitement consiste à considérer ce jeune adulte ou cet adolescent comme ayant des projets de vie et du potentiel, mais devant s’adapter à une maladie qu’il doit apprendre à « maîtriser »plutôt que comme un jeune « malade vulnérable » à qui il faut éviter les stress de la vie en raison de son handicap chronique. Cette perception permet au jeune de cultiver l’espoir et d’atteindre son plein potentiel tout en tenant compte de ses limites.

 

Voici des exemples de stratégies utilisées pour faciliter la réinsertion en emploi dans un premier temps

      1. Une intégration relativement rapide mais graduelle (modification du type de tâche temporairement et /ou temps partiel)
      2. Autre emploi moins exigeant que ceux faits précédemment ou études dans un premier temps
      3. Formation professionnelle (courte dans un 1er temps)
      4. Retour aux études à temps partiel d’abord (selon le profil du client)
      5. Réorientation au besoin (si l’ancien domaine provoque trop de stress)

Malgré les mythes à ce sujet,  il n’est pas souhaitable, en début de maladie, de « déclarer » un jeune inapte au travail de façon prolongée sans avoir tenté, au moment opportun, une réinsertion graduelle dans un projet socioprofessionnel ou scolaire adapté aux capacités et aux limites du jeune. Ce faisant, on évite de miner l’espoir et la motivation servant à actualiser le potentiel de chaque individu.

Débuter un nouvel emploi peut être stressant et trop de stress est un facteur de risque pour la rechute psychotique. C’est pourquoi il est important de garder en tête certains trucs et conseils pour garder l’équilibre.

Près de la moitié des jeunes qui font un premier épisode psychotique réussissent à reprendre le travail ou les études après 3 mois. Même si ça peut prendre du temps, il est réaliste de penser reprendre éventuellement dans le même projet de vie ou un projet de vie similaire et poursuivre une vie valorisante et autonome, malgré la psychose.

Témoignage d’Antoine

« Lorsqu’on se remet peu à peu d’une psychose, il est difficile d’admettre initialement que nous avons pris un peu de poids, ou beaucoup. Il est difficile de même réaliser que nous sommes au ralenti, que nous avons besoin de temps, de beaucoup de temps pour récupérer. On se croit par moment guéri instantanément. Et quand nous ne sommes pas dans le déni carrément, on se refuse de croire que ça va revenir, qu’on va être capable de suivre une conversation pendant des heures, de lire un livre au complet en quelques jours ou d’étudier pour un examen et réussir haut la main… des choses que l’on faisait si facilement avant. On n’y croit pas. Mais après 5 ans de rémission, sans rechute, de stabilité et de croissance personnelle, on se rend compte que non seulement on a récupéré tout cela, mais qu’on est changé, comme mieux. On se connaît beaucoup mieux soi-même et on ne refait plus les mêmes erreurs. »

 

Afin de faciliter le retour au travail et/ou aux études, des efforts sont faits pour offrir beaucoup de flexibilité et de support continu, par exemple :

  • Support pour la recherche emploi (aide au CV, stratégies de recherche, accompagnement, pratiques d’entrevues, etc)
  • R-V en dehors des heures de travail
  • Ajustement de la fréquence des R-V selon l’emploi et l’évolution du jeune :  ex. Fréquents les 1eres semaines ou en période de crise et diminution par la suite pour éviter surcharge et conflits d’horaire
  • Suivi téléphonique soit sur R-V ou selon les besoins du client
  • Partenariat avec l’Arrimage, organisme visant le placement et le maintien en emploi
  • Partenariat avec les ressources d’insertion  ou l’employeur si le jeune le souhaite:
  • Discussions avec le gestionnaire de cas et l’employeur
  • Adapter les tâches ou le rythme pour faciliter l’insertion si nécessaire
  • Meilleur pairage entre employeur/programme d’insertion et employé