Les étapes d’une psychose

Bien que les psychoses se présentent de différentes façons et évoluent différemment selon les individus et les causes, il est possible de distinguer trois phases, ou « étapes » qui caractérisent la plupart des psychoses. Dans certains cas, une phase peut être plus longue ou plus intense que la moyenne, mais celles-ci se retrouvent dans la très grande majorité des cas.

Le prodrome, c’est-à-dire lorsque la personne présente des signes de psychose, mais à une intensité moindre.  Le prodrome (ou période précédent la psychose franche) est caractérisé par des changements dans les pensées, dans les émotions et dans les perceptions de l’individu. Par contre, à ce moment, ces changements sont vagues et difficiles à détecter. Il peut simplement s’agir d’une plus grande méfiance envers des proches ou des réponses bizarres ou anormales. Pendant cette phase, le fonctionnement, c’est-à-dire la capacité de travailler ou d’étudier, peut être maintenu, mais le plus souvent, il diminue graduellement. Les symptômes sont plus souvent négatifs (isolement, retrait), cognitifs (problèmes de concentration, troubles de mémoire) et s’il y a des symptômes positifs (p.ex. hallucinations, délire), ils sont généralement légers.

Lorsque l’individu est en phase aiguë, les symptômes psychotiques sont clairs : pensées délirantes, hallucinations et pensée confuse. Ainsi, cette personne ne peut être convaincue que le contenu de ses pensées est bizarre ou anormal et croit fermement qu’elle a raison. À ce moment, une évaluation psychiatrique, le plus tôt possible, ainsi qu’un traitement par médication antipsychotique, sont absolument nécessaires à la rémission. De plus, dans certains cas, si l’état de santé implique une dangerosité, il peut être nécessaire d’hospitaliser la personne pour la stabiliser. La durée de l’hospitalisation est toujours la plus brève possible. Contrairement à la phase prodromique, l’individu en phase aiguë est souvent devenu inapte au travail ou aux études, en raison des symptômes positifs (hallucinations auditives ou visuelles, entendre des voix, pensées délirantes,) et de la désorganisation qui prédominent habituellement. En phase aiguë, il est possible d’observer également des symptômes au niveau affectif, comme une humeur triste (pleure souvent, idées suicidaires ou plans de suicide, ne veut plus manger ou se lever du lit) ou trop élevée (personne surexcitée, parle très vite, a moins besoin de dormir).

Suite à la psychose (prodrome et phase aiguë), la personne n’est pas immédiatement remise sur pied  et ne peut pas nécessairement retourner au travail ou à l’école à 100% du fonctionnement antérieur, et cela est normal et fait partie du processus de convalescence de la maladie : il s’agit de la phase de rémission (partielle)), c’est-à-dire le moment pendant lequel la personne continue d’avoir certains symptômes à une intensité variable d’un individu à l’autre, mais généralement moindre que durant l’épisode aigu. Pendant cette période, le risque de rechute est le plus élevé, jusqu’à 80 % (sans médication). Ainsi, la plupart des individus auront encore des symptômes négatifs (retrait social, isolement, manque de motivation, manque d’énergie) et cognitifs (troubles de concentration, mémoire, difficulté à lire un livre ou écouter un film au complet). Chez certains individus, une désorganisation et des hallucinations ou des idées délirantes peuvent persister pour une période plus longue (phase résiduelle). Par contre, à ce stade, il est tout à fait possible de réintégrer partiellement le travail et/ou les études, un pas à la fois, en ajustant lorsque nécessaire la médication dans le cadre d’un suivi plus serré pendant les premiers mois.

Pour en savoir plus :

Feuilles d’informations de l’EPPIC (anglais) : Phases of psychosis (étapes de la psychose)

At risk mental state (prodrome) (EPPIC)

Getting help early (EPPIC)