Les signes et les symptômes de la psychose

Dans le jargon de la psychiatrie, on distingue les symptômes positifs des symptômes négatifs. Lorsqu’on parle des symptômes positifs d’une psychose, il s’agit d’éléments (ex. perceptions ou idées) qui s’ajoutent à la réalité extérieure, qui s’y additionnent. Par exemple, on y inclut les hallucinations visuelles ou auditives et les idées délirantes (voir ici-bas). De leur côté, les symptômes négatifs sont ressentis par le patient comme un manque de motivation, un manque d’énergie, et un retrait social. Aussi, la personne peut devenir très peu active ou ne plus s’intéresser aux choses qu’ils l’intéressaient avant.

Idées délirantes

Un des symptômes cardinaux de la psychose est l’idée délirante. Ces idées bizarres ou carrément farfelues peuvent se présenter lorsque la personne est dans en phase aigue de psychose ou dans la phase prodromique. Lors de cette phase, lorsqu’une personne présente des délires, elle croit avoir raison, mais il est encore possible de la faire changer d’idée en argumentant et en discutant.

Lorsque l’intensité des symptômes augmente, la personne devient alors convaincue d’une idée et aucun argument ne peut la convaincre du contraire. On parle alors de psychose. Par exemple, la personne peut croire que les voitures stationnées dans la rue la surveillent ou que des gens cherchent à lui faire du mal ou encore qu’elle a des pouvoirs surnaturels dont la télépathie.  D’autres personnes croient, par exemple, que les extraterrestres ou le gouvernement lui ont mis une puce dans le cerveau pour la contrôler  ou qu’ils sont devenus le Messie et qu’ils ont pour mission de convertir les gens, ou encore qu’ils sont possédés par des esprits ou sont atteints d’une maladie grave (alors que ce n’est pas le cas).

Perception altérée

Les altérations de la perception, autant au niveau visuel qu’auditif ou même des autres sens, sont également très fréquentes dans la psychose. Puisque c’est le cerveau qui nous permet d’interpréter les perceptions, lorsqu’il fonctionne mal, comme lors d’un épisode de psychose, il peut alors mal interpréter les stimuli.  On dit parfois que « le cerveau nous joue alors des tours » en interprétant mal la réalité.  Outre des hallucinations auditives comme entendre des bruits, de la musique, son nom ou des voix qui font des commentaires sur soi ou sur nos actions, il est possible de ressentir des changements de la perception au niveau des autres sens (soit la vue, le toucher, l’olfaction (odeurs) ou le goûter).  de la peau ou à l’intérieur du corps. Les hallucinations visuelles consistent à voir des choses que les autres ne voient pas.  On peut aussi avoir l’impression que les objets ou des personnes sont déformées, on parle alors d’illusions visuelles car il y a vraiment un stimulus visuel, mais il n’est pas perçu tel qu’il est dans la réalité. Les hallucinations olfactives (mauvais perception au niveau de l’odorat) sont parfois présentes et la personne peut alors  sentir des odeurs (habituellement nauséabondes (déchets, putréfaction) alors qu’il n’y a aucune source. Il est aussi possible qu’une personne atteinte de psychose trouve que la nourriture habituelle goûte bizarre ou mauvais;  ceci peu l’amener à soupçonner qu’on veuille l’empoisonner

Changement de comportement

Dans le cadre d’une psychose aigue, et même pendant la phase qui la précède (le prodrome), les personnes peuvent changer de comportement parfois de façon plus graduelle et subtile et d’autre fois de façon très rapide. Ces changements sont généralement reliés aux délires et aux hallucinations. Par exemple, quelqu’un cesse de se nourrir parce qu’elle croit fermement qu’on tente de l’empoisonner. Il est également possible que la personne essaie de ne plus dormir, car elle craint qu’on veuille la tuer dans son sommeil. L’individu qui se croit investi de pouvoirs divins peut passer ses journées à prêcher dans la rue, alors qu’il travaillait ou étudiait à temps plein les semaines précédentes.

L’individu qui est généralement calme peut devenir très actif, voire même agité.  A l’inverse d’autres vont s’isoler et ne rien faire de la journée. De nouveaux comportements ou  des comportements étranges ou inexpliqués peuvent indiquer que la personne n’est plus complètement en contact avec la réalité. D’autres signes peuvent être une personne qui se fâche sans raison apparente ou qui se met à rire spontanément dans des situations inappropriées.

Changements dans les émotions

Dans la phase précédant la psychose aigue et pendant celle-ci, il peut se produire des changements d’émotions brusques et sans raison apparente. La personne souffrant de psychose peut se sentir détachée ou coupée du monde. L’humeur peut devenir labile c’est-à-dire, peut changer d’un moment à l’autre, passant de déprimé à euphorique (« high ») en quelques minutes, cela étant parfois accompagné de sautes d’humeur imprévisibles et intenses. A l’inverse, il est aussi possible de ressentir et d’exprimer moins d’émotions, de les ressentir avec moins d’intensité : c’est qu’on appelle l’émoussement de l’affect. 

Troubles cognitifs

Une très grande majorité des personnes qui souffrent d’une psychose peuvent aussi souffrir de troubles cognitifs tels que, par exemple, une difficulté à maintenir une attention soutenue ou une difficulté à se concentrer pour de longues périodes de temps. Par ailleurs, lors de la convalescence, ces symptômes peuvent être les derniers à disparaître et prendre beaucoup plus de temps (des mois) à s’améliorer de manière significative. La mémoire « de travail », c’est-à-dire la mémoire à plus court terme, ainsi que la résolution de problèmes peuvent également être affectés. Dans la phase aiguë ou après, les individus souffrant d’une psychose peuvent également avoir de la difficulté à anticiper ou à évaluer les conséquences d’un geste, par exemple perdre leur emploi en raison de leur comportement dérangeant, leur jugement étant altéré. Enfin, des troubles au niveau de l’organisation touchent aussi la capacité à planifier ou à exécuter des tâches plus complexes.