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Article paru dans le Voir à proposd’un jeune artiste de la relève qui se relève d’une psychose débutante 

 

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La souffrance liée à l’épreuve de la maladie psychotique que Louis-Philippe a traversée

 

 

 

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Composer avec la psychose (Louis-Philippe Gingras)

 

 

 

Témoignage de Antoine

« Lorsqu’on se remet peu à peu d’une psychose, il est difficile d’admettre initialement que nous avons pris un peu de poids, ou beaucoup. Il est difficile de même réaliser que nous sommes au ralenti, que nous avons besoin de temps, de beaucoup de temps pour récupérer. On se croit par moment guéri instantanément. Et quand nous ne sommes pas dans le déni carrément, on se refuse de croire que ça va revenir, qu’on va être capable de suivre une conversation pendant des heures, de lire un livre au complet en quelques jours ou d’étudier pour un examen et réussir haut la main… des choses que l’on faisait si facilement avant. On n’y croit pas. Mais après 5 ans de rémission, sans rechute, de stabilité et de croissance personnelle, on se rend compte que non seulement on a récupéré tout cela, mais qu’on est changé, comme mieux. On se connaît beaucoup mieux soi-même et on ne refait plus les mêmes erreurs. »

Témoignage de Hugo

« Oui, j’ai pris pas loin de 60 livres en 1 an, en raison de la dépression elle-même et des médicaments. Mais je les ai toutes perdues en un peu moins de 3 ans et je suis maintenant 2x plus en forme qu’avant, et surtout je mange mieux en général. J’ai arrêté de fumer et je bois rarement. J’ai développé un intérêt marqué pour l’entraînement et la nutrition, et cela… « grâce » à la psychose! Il faut voir toutes les choses qui nous arrivent d’un point de vue positif et pour cela, il faut prendre du recul. Beaucoup de recul, comme des mois ou des années. Et c’est là qu’on réalise le chemin parcouru. »

Témoignage de Laura

« Une des choses les plus difficiles à accepter pour moi a été de ne pas pouvoir revenir « comme avant ». Au début j’ai cherché et cherché à reprendre les mêmes activités, de fréquenter les mêmes amis, de retrouver le même copain que j’avais laissé plus d’un an avant. Entêté, je ne voulais rien accepter d’autre. Pourtant, petit peu par petit peu, j’ai fait de la place à la nouveauté dans ma vie. Pendant 4 ans, je me suis laissé découvrir des nouveaux intérêts, un nouveau programme d’études que j’adore, de nouveaux amis… peut-être moins d’amis en quantité, mais seulement des vrais amis qui les mêmes valeurs que moi. Et on finit par trouver quelqu’un qui nous comprend et qui ne nous met pas la même pression qu’avant. Selon moi, le mot d’ordre est d’être ouvert d’esprit. »

Témoignage de Louis

« Lorsqu’on prend un médicament qui a des effets secondaires comme la perte de poids et les troubles de concentration et de mémoire, et ce pour la vie, il vient pour tout le monde, à un moment ou à un autre, l’idée d’en prendre moins ou de l’interrompre. Et c’est tout à fait normal. On se dit qu’en y allant graduellement, on pourra garder le contrôle sur des éventuels symptômes et ajuster le tir. Mais ce n’est malheureusement pas aussi simple. Et j’ai dû l’apprendre à mes dépens. En effet, j’ai graduellement commencé à diminuer un de mes médicaments (le Seroquel), qui n’était qu’un des médicaments que je prenais. Ce que je n’avais pris en considération, c’est tout le reste. J’ai perdu beaucoup de poids à ce moment, j’ai commencé à faire beaucoup d’exercice et modifier mon alimentation. J’ai aussi réintégré les cours, ce qui était une source de stress supplémentaire. Je me disais que le lithium serait suffisant à lui seul pour me protéger. Et bien non. Quelques mois plus tard, je me suis moi-même rendu à JAP pour faire état de mon humeur très élevée, de ma difficulté à dormir et de mes idées qui allaient toujours de plus en plus vite de manière désordonnée. Si j’ai un message à faire passer, ce n’est pas de toujours accepter les doses actuelles de médication et de ne jamais essayer de les modifier. Par contre, le faire en en parlant à son médecin, comme j’ai fait par la suite, s’avère TOUJOURS une meilleure idée. Et ce qui m’a le plus surpris par la suite, c’est l’ouverture de mon équipe traitante à modifier les médicaments, essayer des posologies différentes, sous supervision. J’avais comme idée préconçue et fausse qu’ils seraient absolument fermés à cela et j’ai été agréablement surpris. Le patient reste toujours celui qui choisit pour lui-même, mais l’équipe traitante est là pour le guider dans ses décisions. Et leur expérience est un outil précieux pour quiconque veut éviter de rechuter et rechuter. Ils savent de quoi ils parlent et il vaut mieux les écouter que de faire la sourde oreille. Et il faut se laisser du temps aussi, ça peut prendre des mois, voire un 1 an ou 2 afin de tirer profit des effets positifs de la médication. Mais ils sont là, et les acquis que l’on peut faire en étant stable sont là pour rester. »

Témoignage de eme

« J’ai fait deux psychoses, une première avec hospitalisation et sans être suivie à JAP et une deuxième sans hospitalisation et avec un suivi à JAP. Une raison du suivi hors JAP la 2e fois est entre autres parce que ma psychose était moins importante. Mais de pouvoir rester chez mes proches a sans aucun doute aidé à ne pas aggraver la situation. Il est difficile d’être hospitalisé avec d’autres patients psychiatriques, car on en perd encore plus notre réalité. Rester dans mon milieu de vie m’a aidé à moins perdre le nord. Maintenant que la psychose est passée, le suivi à JAP m’est indispensable pour la dépression qui a suivi la psychose. »

Témoignage de eme

« Ma psychose est survenue suite à un épisode de manie qui a duré quelques semaines voire quelques mois. En psychose, c’est comme si mes pensées allaient toujours trop loin. Si je m’inquiète pour quelqu’un qui a l’air fatigué, mes pensées vont aller jusqu’à penser par exemple qu’elle doit avoir un cancer. Ou si j’entends qu’un ami est parti en voiture, je vais imaginer qu’il lui est arrivé un accident et je ne serai rassurée que si je lui parle. Je m’imagine aussi investie d’une mission plus grande que nature, du genre repenser l’Université où je travaille ou modifier de fond en comble les services hospitaliers. C’est un vrai tourbillon qui est épuisant. »

Témoignage de eme

« Avec du recul, la vie est agréable quand on n’est pas en manie, en psychose ou en dépression. Mais il faut trouver de petits bonheurs dans ces périodes difficiles pour s’accrocher. J’espère qu’avec un traitement médicamenteux sans interruption je n’aurai pas une 3e rechute. J’ai la chance de ne pas avoir d’effets secondaires avec ce médicament de suivi. Sinon, il est plus dur de prendre les médicaments qui font prendre du poids, avoir faim, ça c’est certain. »

Témoignage de Fred

« Si je me regarde avant et que je me compare à maintenant, avant j’agissais beaucoup sur des coups de tête, j’étais très impulsif, mais maintenant…mes décisions sont beaucoup plus réfléchies. Avant de m’embarquer dans quelque chose je vais vraiment évaluer la situation. Je suis beaucoup plus calme que je l’étais. Ce que ça fait, c’est qu’avant, je m’embarquais dans des trucs que je n’arrivais pas à accomplir, j’étais déçu et j’étais down et je perdais confiance en moi. Maintenant j’entreprends des choses relativement plus faciles, mais que je réussis et ça me donne confiance en moi et j’entreprends de nouvelles choses après. L’épisode que j’ai vécu m’a permis de mieux me connaître, oui, mais aussi de prendre de meilleures habitudes et avoir des attitudes plus positives. »

 

 

Témoignage de eme

« Quand on ressort d’une psychose, on ne va pas mieux. C’est
seulement différent. En plus, j’ai dû camoufler ma psychose à mon
travail. Une fois la psychose passée, il y a eu dans mon cas la
dépression avec laquelle je me bats encore aujourd’hui. La dépression
dans mon cas s’est révélée par des matins difficiles, un cerveau dans la
mélasse (ralenti, pensées sombres), envie de ne rien faire. Juste
téléphoner est insurmontable tout comme prendre une douche ou lire. Le
retour au travail a été très difficile, l’est toujours un peu et sans
le support compréhensif de JAP, je crois que je serais bien perdue et
encore moins fonctionnelle. »

 

Témoignage de Julie

« On redevient stable et c’est ça qui est important. En continuant, en ne lâchant pas les médicaments, j’ai fini par me retrouver.»

Témoignage de Fred

« Je rêve qu’un jour le mot psychose ne fasse plus peur à la population générale. Que les gens, au lieu d’avoir peur, sauront reconnaître rapidement les premiers symptômes et l’amener à l’hôpital. »

 

Témoignage de eme

« J’ai la chance d’être entourée d’une famille, d’amis et de
collègues près très compréhensifs et aidant. Ils sont au courant, mais
ne me jugent pas. Par contre, il est difficile de vivre en cachant sa
maladie au travail dans les phases aiguës, car on souffre, mais le dire
viendrait mettre trop de doutes sur nos capacités. Ce n’est sûrement
pas le propre du travail plus intellectuel, mais disons que quand ton
outil de travail est le cerveau et qu’il fout le camp, ça apeure,
soi-même. »

 

Témoignage de Fanny

« En général, j’ai rien contre la médication comme tel. C’est comme un mal pour un bien. Je préfère prendre un peu de poids et être un peu « lent ». Je préfère avoir un peu d’effets secondaires que de rester en psychose. »

Témoignage de Olivia

« Quand j’expliquais à des amis que j’avais fait une psychose et ce que c’était, ça n’a pas pris longtemps que quelques-uns ne me parlaient plus. Je pense que les gens excluent les autres parce qu’ils sont peur et ne connaissent pas bien la maladie mentale. »

Témoignage de Arthur

« La première fois que la psychose s’est manifestée pour moi, j’ai commencé à penser que les gens pouvaient lire dans ma tête, j’ai commencé à avoir certaines visions au niveau de la télévision et du cinéma.. comme si les gens me parlaient à travers l’écran. Lorsque je sortais dehors, j’entendais des voix qui me parlaient, et je croyais que je pouvais faire de la télépathie, mais je ne savais pas si c’était réel ou pas. »

Témoignage de Claudianne

« Ce qui est difficile dans la psychose, c’est qu’il n’y a rien de clair, rien d’évident… ça n’a rien à voir avec ce que l’on voit dans les films. Ça prend du temps à diagnostiquer, c’est très subtil et ça prend quelqu’un qui est très sensible à des petites manifestations, très à l’écoute, et je pense que c’est là que l’intervention précoce et le fait de consulter a eu un effet positif dans le cas de mon fils, car plus on traite précocement, plus on met les chances de notre côté.»

Témoignage de Arthur

« J’ai essayé très souvent de ne pas consommer de la drogue, mais j’étais incapable. C’est très difficile. La solution la plus facile que j’ai trouvé, c’était d’aller en désintox. Au début, ça demande beaucoup de courage, car on croit qu’on est faible, et notre entourage nous dit qu’on est capable de le faire tout seul. En réalité, c’est une force d’aller chercher de l’aide ailleurs. C’est ce qui a fait la différence pour moi et qui me permet de ne plus consommer aujourd’hui.»

Témoignage de Claudianne

« Moi je ne croyais pas aux médicaments avant. C’était quelque chose qui ne m’intéressait pas, mais j’ai tellement fait peur à ma mère quand j’étais en psychose que je lui ai proposé de les prendre si elle m’aidait à les payer. Un an plus tard, j’ai dit à ma mère qu’elle n’avait plus besoin de m’aider à les payer, et que je les payerais moi-même, car j’ai compris que ma médication m’était appropriée et qu’elle me faisait du bien.»

Témoignage Mère d’un patient

« Il y a encore beaucoup de préjugés par rapport aux gens qui ont des problèmes de santé mentale, comme quoi ce sont des gens violents. Je le sais maintenant que ce n’est pas vrai. Il ne faut pas se fier aux médias et généraliser. Les gens qui ont fait une psychose sont plus souvent dangereux pour eux-mêmes que pour les autres. »