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La Psychose

La Psychose c'est quoi ?

Le mot psychose fait référence à une maladie causée par un mauvais fonctionnement du cerveau qui perturbe le contact avec la réalité. Environ 3 % de la population, toutes causes confondues, souffrira d’une forme d’épisode psychotique, c’est-à-dire d’une période pendant laquelle ils présenteront des symptômes psychotiques. Bien que la psychose puisse toucher n’importe qui (peu importe la classe sociale, le niveau d’éducation ou le groupe ethnique), la psychose touche un peu plus les hommes que les femmes, et l’apparition de la maladie chez les hommes est plus précoce. Le pic d’apparition se situe entre 15 à 35 ans.

La plupart des individus souffrant d’un épisode psychotique auront une rémission complète de leurs symptômes après ce premier épisode. Toutefois, les rechutes sont fréquentes : près de 80 % si le traitement est cessé précocement. Comme toute autre maladie, la psychose peut être traitée. Ainsi, la prise adéquate et régulière de médication antipsychotique, une bonne hygiène de vie et de sommeil, l’abstinence de drogues et une modération de la consommation d’alcool, de même qu’un suivi médical et psychosocial contribuent à diminuer ce risque de rechute.

EN SAVOIR PLUS


What is psychosis? (EPPIC, en anglais)

Les signes et les symptômes
de la Psychose

Dans le jargon de la psychiatrie, on distingue les symptômes positifs des symptômes négatifs. Les symptômes négatifs sont ressentis par le patient comme un manque de motivation, un manque d’énergie, et un retrait social. Aussi, la personne peut devenir très peu active ou ne plus s’intéresser aux choses qu’ils l’intéressaient avant.

Lorsqu’on parle des symptômes positifs, il s’agit de perceptions ou d'idées qui s’ajoutent à la réalité extérieure. Par exemple, on y inclut les hallucinations visuelles ou auditives et les idées délirantes.

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Un des symptômes cardinaux de la psychose est l’idée délirante. Ces idées bizarres ou farfelues peuvent se présenter pendant le prodrome (période précédant la phase aigue) ou dans la phase aigue. Lorsqu’une personne présente ces délires, elle croit avoir raison, mais il est encore possible de la faire changer d’idée en argumentant et en discutant.

Lorsque l’intensité des symptômes augmente, la personne devient alors absolument convaincue de ces idées et aucun argument ne peut la convaincre du contraire. On parle alors de psychose. Par exemple, la personne peut croire que des gens dans la rue la surveillent ou cherchent à lui faire du mal ou encore qu’elle a des pouvoirs surnaturels comme la télépathie. D'autres personnes peuvent croire que les extraterrestres ou le gouvernement ont mis une puce dans leur cerveau pour les contrôler ou bien qu’ils sont devenus le Messie et qu’ils ont pour mission de convertir les gens, ou encore qu’ils sont possédés par des esprits ou atteints d’une maladie grave, alors que ce n’est pas le cas.

QUI PEUT FAIRE UNE PSYCHOSE ?

La psychose peut toucher n’importe qui, dans tous les pays et dans toutes les classes sociales. On peut se rétablir complètement si la maladie est dépistée et traitée assez tôt.

La maladie se déclare souvent quelques années plus tôt chez les hommes (pic d’apparition entre 15-25 ans) que les femmes (pic vers 25-35 ans).

Selon les études les plus récentes, la psychose toucherait un peu plus d’hommes que de femmes et serait un peu plus fréquente dans les centres urbains qu’en milieu rural. Ceux qui consomment du cannabis en bas âge sont plus à risque de développer une psychose et la persistance de la consommation de drogues (notamment les psychostimulants et le cannabis) est souvent responsable d’une mauvaise évolution.

Les causes de la psychose

La psychose est une maladie du cerveau qui entraîne une perte de contact avec la réalité. Elle produit un débalancement des neurotransmetteurs cérébraux, plus particulièrement de la dopamine, qui se répercute sur plusieurs sphères cognitives.

Les causes de la psychose sont multiples. Par exemple, chez certaines personnes qui présentent une vulnérabilité biologique (due à plusieurs gènes), l'ajout de stresseurs peut déclencher la maladie. Ces derniers sont biologiques, comme la consommation de drogues (cannabis, amphétamines, cocaïne) et psychosociaux (problèmes financiers, conflits familiaux, isolement social). La maladie survient habituellement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte lorsque la personnalité et les capacités d’adaptation sont encore immatures, entraînant une difficulté dans la définition de l’identité personnelle.

De manière générale, la fin de l’adolescence représente une étape critique du développement au cours de laquelle des changements sociaux et psychologiques majeurs surviennent : individuation par rapport à la famille (l’attachement parental se déplace graduellement vers les relations avec les pairs), développement d’intérêts, d’habiletés et de loisirs, découverte de l’intimité et de la sexualité, formation et maintien de relations sociales, choix de carrière, début d’emploi ou d’études supérieures. Le jeune adulte concentre son énergie psychique à consolider sa personnalité et à définir son projet de vie. Lorsque la psychose s’installe, elle peut interrompre ce processus.

Il y a différents types de troubles psychotiques dont la maladie bipolaire psychotique (psychose maniaco-dépressive), la schizophrénie, le trouble délirant, la psychose induite par une substance (communément appelée psychose toxique) et autres. Ce sont les types de symptômes présents, leur proportion ainsi que leur durée et leur évolution dans le temps qui détermineront la nature exacte de chaque psychose. Un facteur important à considérer également est le fonctionnement de l’individu lors de la rémission.

Bien que certains troubles psychotiques ne soient pas récurrents, la plupart présentent une évolution avec des manifestations épisodiques d’où la nécessité d’un traitement pour les prévenir. Rarement, des symptômes soutenus peuvent nécessiter un traitement plus spécialisé et intensif.

Le schéma ci-dessous résume les principaux facteurs impliqués dans la maladie psychotique. L'essentiel à retenir de ce schéma est que c’est la somme de tous ces stresseurs positifs et négatifs, biologiques et sociaux, qui détermine l’état de santé final. Il est donc important de porter une attention à tous ces éléments pour prévenir les rechutes..

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LES ÉTAPES D'UNE PSYCHOSE

Bien que chaque psychose se présente et évolue différemment, il est possible de distinguer 3 phases, ou « étapes », que l'on retrouve dans la plupart des psychoses. La durée et l'intensité des phases peut varier.

1. PRODROME


Au cours du prodrome, la personne présente des signes de psychose, mais à une intensité moindre. Cette période précédant la psychose franche est caractérisée par des changements dans les pensées, dans les émotions et dans les perceptions de l’individu. Par contre, à ce moment, ces changements sont vagues et difficiles à détecter. Il peut simplement s’agir d’une plus grande méfiance envers des proches ou des réponses bizarres ou anormales. Pendant cette phase, le fonctionnement, c’est-à-dire la capacité de travailler ou d’étudier, peut être maintenu, mais le plus souvent, il diminue graduellement. Les symptômes sont plus souvent négatifs (isolement, retrait), cognitifs (problèmes de concentration, troubles de mémoire) et s’il y a des symptômes positifs (p.ex. hallucinations, délire), ils sont généralement légers.

2. PHASE AIGUE


Lorsque l’individu est en phase aiguë, les symptômes psychotiques sont clairs : pensées délirantes, hallucinations et pensée confuse. Cette personne ne peut être convaincue que ses pensées sont bizarres ou anormales et croit fermement qu’elle a raison. À ce moment, une évaluation psychiatrique, le plus tôt possible, ainsi qu’un traitement par médication antipsychotique, sont absolument nécessaires à la rémission. De plus, dans certains cas, si l’état de santé implique une dangerosité, il peut être nécessaire d’hospitaliser la personne pour la stabiliser. La durée de l’hospitalisation est toujours la plus brève possible. Contrairement à la phase prodromique, l’individu en phase aiguë est souvent devenu inapte au travail ou aux études, en raison des symptômes positifs (hallucinations auditives ou visuelles, entendre des voix, pensées délirantes,) et de la désorganisation qui prédominent habituellement. En phase aiguë, il est possible d’observer également des symptômes au niveau affectif, comme une humeur triste (pleure souvent, idées suicidaires ou plans de suicide, ne veut plus manger ou se lever du lit) ou trop élevée (personne surexcitée, parle très vite, a moins besoin de dormir).

 

3. STABILISATION


Suite à la psychose, la personne n’est pas immédiatement remise sur pied et ne peut pas nécessairement retourner au travail ou à l’école à 100 % de son fonctionnement antérieur. Cela est normal et fait partie du processus de convalescence de la maladie. On parle de la phase de rémission (partielle), c’est-à-dire le moment pendant lequel la personne continue d’avoir certains symptômes à une intensité variable d’un individu à l’autre, mais généralement moindre que durant l’épisode aigu.

Pendant cette période, le risque de rechute est le plus élevé, jusqu’à 80 % sans médication.

La plupart des individus auront encore des symptômes négatifs comme le retrait social, l'isolement, le manque de motivation et le manque d’énergie et des troubles cognitifs, tels que des troubles de concentration, de la mémoire (difficulté à lire un livre ou écouter un film au complet). Chez certains individus, une désorganisation et des hallucinations ou des idées délirantes peuvent persister pour une période plus longue (phase résiduelle). Par contre, à ce stade, il est tout à fait possible de réintégrer partiellement le travail ou les études, un pas à la fois, en ajustant lorsque nécessaire la médication dans le cadre d’un suivi plus serré pendant les premiers mois.

LA CONSOMMATION DE DROGUES ET LA PSYCHOSE

« De plus en plus d’études démontrent que la consommation de cannabis, même en petite quantité ou à l’occasion, est un facteur de risque important pour la psychose. »

CANNABIS, ALCOOL ET AUTRES DROGUES

La consommation de drogues et d’alcool (en grandes quantités) diminuent l’efficacité du traitement, augmente la vulnérabilité et peut donc mener à une rechute, c'est-à-dire une réapparition des symptômes de psychose. Des études récentes, notamment menées à la Clinique JAP, ont démontré que la persistance de la consommation est associée à une moins bonne évolution des symptômes et du fonctionnement social.

Bien que la consommation de cannabis soit répandue et banalisée, de plus en plus d’études démontrent que la consommation de cannabis, même en petite quantité ou à l’occasion, est un facteur de risque important pour la psychose. La consommation de psychostimulants, tels que la cocaïne et les amphétamines (speed) de même que les hallucinogènes (p. ex., ecstasy/MDMA), comporte de plus grands risques que le cannabis quant à la psychose et aux rechutes. Enfin, ces substances contribuent à augmenter les effets indésirables des antipsychotiques, soit parce que leurs effets s’additionnent (somnolence) ou parce que des doses plus hautes sont nécessaires pour contrôler la psychose.

 

CONSOMMER, C'EST PRENDRE UN RISQUE

Il est parfois difficile de convaincre les jeunes d’arrêter de consommer, malgré une première psychose ou une rechute, car ça fait souvent partie de leur mode de vie de et il s’agit d’occasions de socialiser. Néanmoins, il faut garder en tête que ce n’est pas parce qu’on consomme et qu’on ne rechute pas à une ou plusieurs occasions que la rechute ne viendra pas. La drogue et l’alcool sont des stresseurs biologiques pour le cerveau et c’est le cumulatif de stresseurs qui entraîne une psychose. Puisqu’on ne contrôle pas toujours les stresseurs psychologiques ou sociaux (perte d’emploi, rupture amoureuse, etc.), consommer c’est prendre un risque à chaque fois.

 

LE SAVIEZ-VOUS?

Il est connu que les rechutes à répétition sont plus difficiles à traiter, que la rémission est plus longue et qu’elles peuvent parfois entraîner des psychoses réfractaires au traitement, c’est-à-dire qui ne répondent pas aux différents antipsychotiques connus et nécessitent souvent l’ajout d’un ou plusieurs médicaments pour contrôler la phase aiguë.

Dans certains cas, un séjour en thérapie de désintoxication ou de réinsertion pour la comorbidité santé mentale-toxicomanie peut être nécessaire.

 

NOS PRINCIPAUX PARTENAIRES

LES CONSÉQUENCES DE LA PSYCHOSE

Lorsque la psychose surgit, les difficultés de concentration et d’organisation s'accumulent et rendent les études de plus en plus laborieuses. Plusieurs adolescents préfèrent quitter l’école plutôt que de vivre un échec scolaire ou une dévalorisation face aux pairs. Cela les éloigne de leur principal milieu de socialisation et, sans terrain de pratique, il est ardu de faire l’apprentissage d’habiletés sociales. Dans ce contexte, le développement des relations intimes devient extrêmement complexe puisqu’ils sont souvent méfiants. La maladie entraîne aussi des difficultés au niveau de la cognition et des habiletés sociales. Ils peuvent voir l’isolement comme une solution à leur angoisse. Cependant, en perdant leurs repères identitaires et ceux du monde qui les entoure, ils perdent grandement confiance en eux.

Lorsque non traitée, la psychose occasionne beaucoup de souffrance et son impact se répercute à divers degrés sur le fonctionnement social, familial, scolaire et professionnel de la personne. La « toxicité psychosociale » de la maladie peut avoir de graves conséquences (itinérance, perte d’emploi, détérioration du réseau social, judiciarisation, pauvreté, augmentation de l’abus de substances, suicide, etc.) qui peuvent désorganiser une vie. Une détection précoce et une intervention intensive peuvent toutefois mener à une rémission complète des symptômes et ainsi éviter une souffrance et une incapacité prolongées.

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