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la psychose, ÇA SE TRAITE!

INTERVENTIONs PSYCHOSOCIALES EN INDIVIDUEL ET EN GROUPE

L’intervention multidisciplinaire, qui se fait dans le cadre d’une approche de collaboration avec le jeune et ses proches, a pour objectif premier la stabilisation des symptômes et de la situation de vie, incluant la résolution de problèmes concernant l’hébergement, les relations sociales, le revenu, etc. Puis, graduellement, l’intervention vise une plus grande autonomie du jeune par sa réintégration dans un rôle social significatif pour lui.  Pour y parvenir, des activités intégrées dans la communauté et l’environnement social du jeune sont privilégiées. Du soutien est aussi offert au jeune adulte pour l’aider à réintégrer les études ou le travail le plus rapidement possible. En plus de la médication, le plan de traitement individualisé pour chaque patient et sa famille combine les éléments suivants :

  • Suivi individuel avec un psychiatre et un professionnel en santé mentale;
  • Psychothérapie de soutien et/ou cognitivo-comportementale (TCC); et
  • Participation à des groupes thérapeutiques.

Les objectifs visés par les groupes thérapeutiques sont l’adaptation à l’épisode psychotique par le développement d’habiletés sociales et fonctionnelles, une meilleure connaissance de soi, l’atteinte des objectifs de vie et l’amélioration de l’autonomie personnelle. Les approches de groupe sont privilégiées, car elles ont beaucoup à apporter par la force du groupe de pairs, le partage d’expérience, le bris de l’isolement.

Le counselling et la thérapie psychologique, c’est-à-dire avoir un intervenant avec qui parler de la situation, est une partie importante du traitement. Le type de discussion et la fréquence des rencontres peut varier pour mieux convenir au patient et à la phase de sa maladie. Par exemple, une personne souffrant de symptômes aigus peut simplement vouloir trouver quelqu’un pour la rassurer sur son bon rétablissement. Par la suite, une fois l’épisode de psychose résolu, l’individu peut vouloir discuter de comment gérer le stress, comment éviter des rechutes, et reconnaître très tôt des signes avant-coureurs ou encore comment reprendre le cours de ses études ou de sa vie professionnelle.

Chaque patient reçoit les services intensifs d’un intervenant pivot (case manager), généralement un ergothérapeute ou un travailleur social, et d’un psychiatre pour un suivi d'une durée de 2 à 5 ans. Il sera ensuite référé à d’autres services selon ses besoins, comme par exemple un omnipraticien ou à des services de santé mentale adulte. Dès que possible, le projet de vie du jeune est examiné avec lui dans le cadre de l’intervention psychologique dans le but de l’aider à développer les habiletés nécessaires pour le réaliser ou pour le réévaluer au besoin.

Au début du traitement à la Clinique JAP, chaque jeune patient bénéficie d’une à deux rencontres (en individuel) par semaine. Ensuite, cette fréquence diminue graduellement jusqu’à environ une rencontre aux deux semaines, et rarement moins qu’une fois par mois. Il a également accès à des groupes hebdomadaires de thérapie selon ses objectifs :

    • ateliers d’ergothérapie,
    • ateliers de cuisine,
    • activités artistiques de peinture,
    • ateliers de travail du cuivre, du cuir, du bois,
    • psychoéducation,
    • activités sportives,
    • groupe sur le retour travail-études,
    • groupe plein-air,
    • thérapie motivationnelle pour abus de substances,
    • et plus.

Les interventions tiennent compte de l'équilibre délicat entre, d'un côté, le soutien familial/communautaire nécessaire au rétablissement du jeune, et, de l'autre côté, l’importance d’encourager la séparation/individuation et le développement de l’autonomie de ce dernier. La philosophie au cœur du traitement consiste à considérer ce jeune adulte/adolescent comme ayant des projets de vie et du potentiel, mais devant s’adapter à une maladie qu’il doit apprendre à mieux « maîtriser » plutôt que comme un jeune « malade vulnérable » à qui il faut éviter les stress de la vie. Cette perception permet au jeune de cultiver l’espoir et d’atteindre son plein potentiel tout en tenant compte de ses limites.

THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE (TCC)

THÉRAPIE COGNITIVO-COMPORTEMENTALE POUR LA PSYCHOSE

La TCC permet à l’individu de mieux comprendre ce qui lui arrive et de faire du sens avec cet évènement dans son cheminement de vie. Elle vise également à identifier les raisons pour lesquelles cet évènement arrive à ce stade particulier de leur vie et les stratégies pour s’adapter à ce phénomène ou au stress vécu.  Elle met également en lumière les forces de l’individu et ses facteurs de protection de même que ses facteurs de vulnérabilité.  Elle permet à l’individu de prendre conscience du lien entre les évènements extérieurs, ses émotions et ses pensées et à « rectifier » certaines façons de pensée qui occasionnent de la détresse ou des difficultés de fonctionnement.

La thérapie cognitivo-comportementale pour la psychose vise les trois objectifs suivants :

  • réduire la détresse et les problèmes de fonctionnement associés aux symptômes psychotiques,
  • réduire les réactions d’anxiété et améliorer la gestion des émotions, et
  • promouvoir la participation active de l’individu dans la gestion de son risque de rechute.

La thérapie cognitivo-comportementale est adaptée aux besoins de chaque individu et à la phase de leur maladie. Les différentes étapes sont guidées par une formulation des problèmes de chaque individu.  Le nombre de sessions, la durée et le temps requis pour la thérapie vont dépendre de la complexité et de la sévérité des problèmes présentés ainsi que du degré d’implication de chaque individu. Typiquement, les thérapies durent 6 mois à raison d’une fois par semaine.

THÉRAPIE COGNITIVE COMPORTEMENTALE POUR LES IDÉES DÉLIRANTES ET LES HALLUCINATIONS

La thérapie cognitive tente de travailler spécifiquement sur les délires, les interprétations paranoïdes et les croyances à propos des voix. Selon le désir de chaque individu de considérer des explications alternatives à propos de la nature de telles expériences, le thérapeute peut tenter d’offrir des explications plus scientifiques ou travailler avec les croyances de chacun. Il peut également être utile de renommer les expériences et de dédramatiser la situation qui souvent est reliée à des émotions très intenses pour le patient.

TRAVAILLER AU NIVEAU DES PROBLÈMES COGNITIFS À PROPOS DE SOI ET DES AUTRES

La thérapie cognitive pour la psychose vise à travailler les problèmes de réflexion à propos de soi et des autres. Les types de cognition qui sont typiquement travaillées sont celles qui impliquent que le patient n’a aucune valeur, qu’il est mauvais ou qu’il est dangereux ou encore que les autres sont essentiellement non dignes de confiance ou qu’ils risquent de lui faire du mal.

PROGRAMME DE THÉRAPIES DE GROUPE

Toutes les composantes du programme de groupe sont vues comme un continuum dans le rétablissement et la reprise d’un rôle social. Les groupes sont offerts dès le début du traitement de la phase aigüe (que ce soit durant l’hospitalisation ou en externe). Différentes habiletés sont ainsi sollicitées et travaillées :

  • La ponctualité,
  • L’assiduité,
  • La tolérance à l’effort,
  • Le développement d’habiletés sociales en lien avec la reprise d’un rôle social (ex. travail, études, amitiés, etc.),
  • L'acquisition d’une routine de vie, et
  • La gestion de l’horaire.

INTERVENTION DE GROUPE

Le choix des groupes est fait selon les besoins des jeunes et leur évolution. Typiquement les jeunes vont bénéficier des interventions de groupes pendant les premières semaines de leur traitement puis le programme permet la reprise temporaire des groupes, s’il y a rechute des symptômes ou diminution du fonctionnement social ou vocationnel. Les groupes visent aussi l’amélioration de l’autocritique par rapport à sa santé mentale, aux exigences/habiletés du retour aux activités de la vie quotidienne et du retour au travail ou aux études. Les groupes utilisent la force des pairs afin de stimuler la motivation, l'espoir, le partage et le développement de l’autocritique.

OBJECTIFS GÉNÉRAUX DES GROUPES À JAP

  • Rencontrer d’autres jeunes et favoriser la communication,
  • Reprendre une routine et maintenir une mobilisation régulière en participant à des activités structurées,
  • Améliorer sa ponctualité et son assiduité; respecter ses engagements en se présentant aux séances de groupes prévus à son horaire,
  • Favoriser la tolérance à la situation de groupe : être plus confortable lorsqu’on côtoie des gens,
  • Favoriser la tolérance à la frustration : améliorer sa façon de réagir ou de penser face aux situations difficiles (en lien avec ses pairs, ses thérapeutes ou lors de la réalisation d’une activité), et
  • Améliorer ses habiletés sociales : initier le contact, échanger, exprimer son opinion ou son vécu, écouter l’autre lorsqu’il parle, etc.

Certains groupes sont offerts en continu et peuvent être intégrés à n’importe quel moment de l’évolution selon les besoins.

1. Groupe atelier-cuisine

La participation à ce groupe peut servir à l’évaluation des capacités fonctionnelles par les ergothérapeutes, permettre d’autres formes d’expression (artistique, musicale) ou la remotivation  par le biais d’activités manuelles (ex. travail du bois), ou encore à découvrir de nouveaux intérêts ou de nouveaux moyens de gérer le stress.

Certains objectifs comprennent :

  • Être moins dans ses pensées/émotions et plus dans la réalité en se concentrant sur la réalisation d’une activité concrète,
  • Investir une activité devant mener à un produit fini; améliorer sa capacité à maintenir sa motivation et ses efforts jusqu’à ce que le projet soit complété,
  • Développer ses capacités à se structurer dans une activité : planifier et réaliser une tâche pour avoir une façon de faire plus organisée et efficace,
  • Améliorer son estime de soi et prendre/reprendre confiance en soi,
  • Améliorer sa capacité à se concentrer sur une période de temps prolongée,
  • Explorer de nouvelles activités pour découvrir ses intérêts,
  • Explorer de nouvelles activités : apprendre les techniques nécessaires et apprendre à utiliser correctement les bons outils tout en se permettant de ne pas être parfait (droit à l’erreur),
  • S’habituer à réfléchir pour trouver une solution appropriée et ne pas rester dans l’impasse face à une situation problématique ou à une difficulté,
  • Utiliser sa créativité pour réaliser une activité, et
  • Essayer de s’appliquer tout au long de la réalisation du projet en gardant une certaine minutie dans ce qui est fait.

2. Groupe repères (psychoéducation)

Certains objectifs de ce groupe comprennent :

  • Améliorer ses connaissances sur les habitudes de vie saines afin de favoriser un équilibre entre mes occupations (sommeil, alimentation, activités de loisir, activités productives, activités de la vie quotidienne [AVQ]) et ainsi maintenir une bonne santé mentale,
  • Améliorer la compréhension de l’épisode psychotique vécu : mieux définir les causes et les manifestations de la psychose, réviser son vécu personnel à partir du modèle vulnérabilité-stress,
  • Améliorer ses connaissances sur la médication ; discuter des bénéfices et des façons pertinentes de minimiser les effets secondaires,
  • Apprendre à mieux gérer le stress : identifier comment y réagir et quels sont les moyens concrets pour mieux le gérer,
  • Reconnaître les signes avant-coureurs de rechute et apprendre des stratégies pour en minimiser les risques, et
  • Réfléchir à son rétablissement et identifier un/des projet(s) de vie en lien.

 

6. Groupe de thérapie cognitivo-comportementale

Lorsque que l’on souhaite retourner au travail, dans le cadre de la démarche de recherche d’emploi ou lorsque l’on commence à travailler, de nombreuses difficultés imprévues peuvent survenir.

Les objectifs de ce groupe sont :

  • Vous aider à acquérir des compétences pour comprendre et mieux gérer ces difficultés, dans le but d’avoir une expérience de travail positive,
  • Découvrir de nouveaux outils et solidifier les compétences personnelles pour mieux vivre avec les situations de stress ou les symptômes psychotiques.

Des séances individuelles ou un programme de groupe peuvent être offerts afin d’aider ces jeunes à trouver des stratégies adaptées à leurs besoins.

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3. Groupe sport

Certains objectifs de ce groupe comprennent :

  • Se remettre en mouvement et contrer sa tendance à la passivité,
  • Favoriser une saine habitude de vie ; utiliser l’activité physique pour t’aider à diminuer ton envie de consommer,
  • Mobiliser ton énergie dans une activité saine et positive,
  • Permettre une expérience sociale normalisante et plaisante, et
  • Permettre de te valoriser par le biais de tes habiletés physiques.

4. Groupe en équilibre : réflexion sur la consommation de substances et la santé mentale

Traite de l’impact et l’abus de substances sur la maladie, le fonctionnement et les projets de vie.

5. Groupe plein-air

Objectif : faire vivre une expérience hors du commun dans un milieu thérapeutique naturel par le biais d'une activité de plein-air se déroulant à l’extérieur de l’île de Montréal dans un parc naturel.

  • Vivre une expérience positive et gratifiante,
  • Favoriser l’investissement dans un projet et le mener à terme,
  • Favoriser l’adhésion au traitement proposé à la Clinique JAP,
  • Avoir une meilleure estime de soi et développer un sentiment d’accomplissement,
  • Développer leur habileté à résoudre des problèmes, et
  • Améliorer leurs habiletés sociales et relationnelles en groupe.

L’activité inclut des groupes de planification des excursions et d’échange ainsi que des groupes d’activités sportives extérieures.

Cliquez ici pour tous les détails ou parlez-en à votre intervenant(e).

 

 
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RETOUR AU TRAVAIL/ÉTUDES

La philosophie au cœur du traitement consiste à considérer ce jeune adulte ou cet adolescent comme ayant des projets de vie et du potentiel mais devant s’adapter à une maladie qu’il doit apprendre à « maîtriser »plutôt que comme un jeune « malade vulnérable » à qui il faut éviter les stress de la vie en raison de son handicap chronique. Cette perception permet au jeune de cultiver l’espoir et d’atteindre son plein potentiel tout en tenant compte de ses limites.

Voici des exemples de stratégies utilisées pour faciliter la réinsertion en emploi rapide, mais graduelle :

  1. Modification temporaire du type de tâche et/ou temps partiel,
  2. Emploi moins exigeant que l'emploi habituel/précédant,
  3. Formation professionnelle (courte dans un 1er temps),
  4. Retour aux études à temps partiel d’abord (selon le profil du jeune), et
  5. Réorientation au besoin (si l’ancien domaine provoque trop de stress).

Malgré les mythes à ce sujet, il n’est pas souhaitable, en début de maladie, de « déclarer » un jeune inapte au travail de façon prolongée sans avoir tenté, au moment opportun, une réinsertion graduelle dans un projet socioprofessionnel ou scolaire adapté aux capacités et aux limites du jeune. Ce faisant, on évite de miner l’espoir et la motivation servant à actualiser le potentiel de chaque individu.

Débuter un nouvel emploi peut être stressant et trop de stress est un facteur de risque pour la rechute psychotique. C’est pourquoi il est important de garder en tête certains trucs et conseils pour garder l’équilibre.

Près de la moitié des jeunes qui font un premier épisode psychotique réussissent à reprendre le travail ou les études après trois mois. Même si ça peut prendre du temps, il est réaliste de penser reprendre éventuellement dans le même projet de vie ou un projet de vie similaire et poursuivre une vie valorisante et autonome, malgré la psychose.

Afin de faciliter le retour au travail et/ou aux études, des efforts sont faits pour offrir beaucoup de flexibilité et un soutien continu, notamment :

  • Soutien à la recherche d'emploi (aide au CV, stratégies de recherche, accompagnement, pratiques d’entrevues, etc),
  • Rencontres en dehors des heures de travail habituelles,
  • Ajustement de la fréquence des rendez-vous pour tenir compte de l’emploi et de l’évolution du jeune, p. ex., plus fréquentes en période de crise et diminution par la suite pour éviter les conflits d’horaire,
  • Suivi téléphonique soit sur rendez-vous ou selon les besoins du jeune,
  • Partenariat avec l’Arrimage, organisme de placement et d'appui au maintien en emploi,
  • Partenariat avec les ressources d’insertion  ou l’employeur si le jeune le souhaite,
  • Discussions avec l'intervenant pivot et l’employeur,
  • Adaptation des tâches ou du rythme pour faciliter l’insertion, si nécessaire, et
  • Meilleur jumelage entre employeur/programme d’insertion et employé.
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