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FAMILLE ET PROCHES

FAMILLE ET PROCHES

Vu leur jeune âge, la famille, les proches ou d’autres intervenants communautaires impliqués auprès d’eux, sont considérés comme des alliés dans le cadre du traitement. Ils sont donc rencontrés avec le jeune par l’équipe traitante (s’il accepte, ce à quoi il est fortement encouragé), et ce, le plus tôt possible dès l’instauration du traitement. Une approche psychoéducative s’adressant à des groupes de familles complète l’intervention psychoéducative et de support offerte individuellement aux familles. Pour les familles où le besoin de thérapie familiale se fait sentir, un thérapeute spécialisé offrira une série de rencontres afin d’améliorer leur capacité de résoudre des problèmes, la communication, etc. Toutes les interventions individuelles et familiales tiennent compte du délicat équilibre entre le support familial ou communautaire nécessaire, vu la maladie du jeune, et l’importance d’encourager la séparation-individuation et le développement de l’autonomie propre à cette étape développementale. La philosophie au cœur du traitement consiste à considérer ce jeune adulte ou cet adolescent comme ayant des projets de vie et du potentiel mais devant s’adapter à une maladie qu’il doit apprendre à «maîtriser» plutôt que comme un jeune «malade vulnérable» à qui il faut éviter les stress de la vie en raison de son handicap chronique. Cette perception permet au jeune de cultiver l’espoir et d’atteindre son plein potentiel tout en tenant compte de ses limites.

CMHA - Pour les proches (parents)

CMHA - Pour les proches (frères et soeurs)

COMMENT AIDER SON PROCHE?

La famille, les proches ou d’autres intervenants communautaires impliqués auprès d’eux,  sont considérés comme des alliés dans le cadre du traitement. Ils sont donc rencontrés avec le jeune par l’équipe traitante (s’il accepte, ce à quoi il est fortement encouragé), et ce, le plus tôt possible dès l’instauration du traitement. Une approche psychoéducative s’adressant à des groupes de familles complète l’intervention psychoéducative et de support offerte individuellement aux familles. Pour les familles où le besoin de thérapie familiale se fait sentir, un thérapeute spécialisé offrira une série de rencontres afin d’améliorer leur capacité de résoudre des problèmes, la communication, etc.

Le rôle des parents en est aussi un d’observateur de premier plan. Ainsi, les parents et les proches sont les mieux placés pour repérer rapidement des changements de comportement et d’attitude et les rapporter aux intervenants de l’équipe traitante. Le jeune peut exprimer ce qu’il ressent dans des termes qui sont propres à son groupe d’âge. Ainsi, il est possible qu’il utilise des expressions telles qu’il est «Fucké», «Full bizz» ou dire qu’il se sent «Confus», «Mêlé» ou «Parano». De plus, les parents sont souvent ceux qui prennent contact en premier avec les équipes d’intervention précoce afin d’obtenir de l’information et/ou de référer leur jeune. Puisque généralement le jeune leur fait confiance, ils sont les mieux placés pour les aider à prendre contact.

Pendant les étapes les plus difficiles, les parents et la famille (frères et sœurs) ont également un rôle de support et d’encouragement. Par contre, il est important de garder à l’esprit que les jeunes peuvent avoir besoin de répit, de recul et ne souhaitent pas nécessairement être entourés à tout moment. Si le jeune vit seul ou en colocation, les parents peuvent lui offrir de revenir quelques semaines ou mois à la maison. Il faut alors faire attention à la nouvelle dynamique de famille, car l’intensité des émotions exprimées peut être beaucoup plus grande qu’à l’habitude et créer des tensions qui peuvent nuire au rétablissement voir même contribuer à précipiter des rechutes.

How can I help? (EPPIC)
Société québécoise de la schizophrénie

 

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Frères et soeurs

Lors d’un événement psychotique ou pendant la rémission, à la maison, les frères et les sœurs peuvent être très inquiets de l’état de leur frère ou de leur sœur et avoir peur de le(la) perdre, de perdre cette relation privilégiée qu’ils ont. De plus, un peu comme à la naissance d’un nouvel enfant, les frères et sœurs peuvent craindre de perdre l’attention des parents, le jeune malade monopolisant beaucoup de temps et d’énergie des parents.

De la même façon, les amis du jeune adulte peuvent réagir à la psychose de plusieurs manières.
Certains vont s’éloigner temporairement, ne sachant pas comment réagir/agir, parce que ça leur
fait trop mal ou encore en raison des préjugés des autres amis du groupe.

Vous pouvez vous référer au Guide sur la psychose à l'intention des frères et soeurs pour obtenir de plus amples idées et ressources:

Guide sur la psychose à l’intention des frères et soeurs - Information, idées et ressources (ASCM)
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RECONNAîTRE LA PSYCHOSE

Le comportement de votre proche vous inquiète?

Comme il est important de traiter la psychose le plus précocement possible, il faut tâcher de la détecter aussi tôt que possible également, lors du prodrome, ou même avant, lorsque les signes et symptômes sont subtils et peuvent passer inaperçus, être confondus avec la crise d’adolescence ou une «mauvaise  passe». Si les comportements de votre proche vous semblent étranges, au point où vous n’arrivez plus à le reconnaître, il faut penser aux premiers signes d’une psychose. Si cette situation dure depuis un certain temps et que vous vous demandez ce qui se passe dans sa tête, vérifiez auprès des personnes qui le côtoient pour valider votre impression. Lorsque vous tentez de lui faire part de vos observations,il ne manifeste aucune ouverture. Il pourrait être nécessaire de faire évaluer votre jeune par un médecin. Il faut mettre les jeunes en contact avec un médecin si vous constatez plusieurs de ces signes :

  • Entend des voix ou voit des choses que les autres ne peuvent pas voir ou entendre
  • Agit bizarrement, les autres jeunes le trouvent bizarre.
  • A des idées bizarres, des fausses croyances (qu’il est suivi, surveillé, qu’il est le Messie, etc.)
  • A de la difficulté à se concentrer pour écouter la télévision, un film ou lire un livre.
  • Est méfiant, paranoïde ou suspicieux
  • Discours difficile à comprendre, illogique ou qui ne fait pas de sens
  • Mange moins, perd du poids.
  • Dort difficilement, est agité.
  • Délaisse ses amis et s’isole de plus en plus
  • Présente des sautes d’humeur ou est très irritable ou  extrêmement anxieux.

Vous pouvez aussi utiliser l’outil en ligne Refer-o-Scope de la SQS qui permet de dépister des signes suggestifs de psychose.

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Discuter avec son jeune

Il peut parfois être difficile de discuter avec une personne atteinte de psychose. Bien qu’il n’existe pas de recette magique, quelques conseils généraux peuvent faciliter la chose :

  • Soyez vous-même.
  • Informez-vous et comprenez que la personne se comporte et parle différemment en raison des symptômes psychotiques.
  • Gardez en tête que les symptômes psychotiques sont souffrants pour tous et qu’il est normal de ressentir une panoplie d’émotions : choc, peur, tristesse, frustration, colère, désespoir.
  • Discuter avec d’autres personnes vous aidera à gérer ces émotions. Gardez confiance en la guérison de la personne. Même si cela prend du temps, soyez patient.
  • Lorsqu’une personne est en psychose, ses besoins peuvent varier. À un moment, elle peut avoir besoin de plus de supervision (ex. si son jugement est altéré) et à d’autres elle peut avoir besoin de moins de plus d’autonomie mais avec de l’aide dans les processus décisionnels.
  • Essayez de ne pas le ‘prendre personnel’ lorsque la personne est blessante dans ses propos lorsqu’elle est en crise.
  • Demeurez le plus calme possible et évitez le ton autoritaire.
  • Éliminez les sources de distraction (radio, télévision, etc.).
  • Laissez-lui de l’espace. Il faut comprendre qu’une attitude trop émotive de votre part risque d’amplifier l’état de détresse dans lequel votre proche est plongé.
  • Parlez une seule personne à la fois.
  • Faites-lui part de ce que vous observez de son comportement (ex. : tu as peur, tu es confus, etc.).
  • Demandez-lui s’il y a des choses qui le préoccupent.
  • Au besoin, répétez vos questions dans la même formulation.
  • Vérifiez s’il est prêt à consulter un médecin et offrez-lui de l’accompagner.

Source : www.avantdecraquer.com

Poursuivre la lecture….le site de la SQS offre des conseils sur :

  • L’attitude à adopter avec une personne que l’on croit atteinte d’un problème de santé mentale (question 10)
  • Des pistes de solutions pour l’amener à consulter (question 11)
  • Prendre ses médicaments régulièrement (question 12)

S'AIDER SOI-MÊME, COMME PARENT

Dans les phases de développement normal, tout parent doit faire le deuil de l’enfant idéal et des illusions placées en lui. Dans le contexte de l’émergence de la psychose, ce deuil est accentué. Le parent peut se questionner sur l’« avenir normal », c’est-à-dire que l’enfant ne sera peut-être plus jamais le même, ce qui peut être source d’anxiété. De plus, le parcours normal est souvent ralenti et modifié : études supérieures, carrière, quitter le foyer familial.  Au niveau du couple des parents, la liberté et l’intimité peuvent être perturbées et les projets de retraite, modifiés ou retardés. Ils doivent parfois abandonner certains rêves secrètement entretenus. Une autre source d’inquiétude est l’éventuelle non-disponibilité des enfants pour supporter les parents vieillissants.

À ce moment, les parents se questionnent : « que va-t-il devenir? » Pourra-t-il se débrouiller lorsqu’ils ne seront plus là? Certains parents peuvent se sentir coupables, avoir l’impression d’avoir « transmis » génétiquement la maladie de ne pas avoir su la prévenir. D’autres réactions normales peuvent impliquer ressentir de la honte, du déni ou même un refus d’admettre la maladie du jeune adulte, la remise en question de l’équipe traitante et même la mise en échec du plan de traitement, ce qui, évidemment, n’est pas souhaitable. Parfois, les parents tentent d’attribuer la psychose à l’abus de substances uniquement.

D’autres parents peuvent continuer d’entretenir des exigences trop élevées à l’endroit du jeune adulte, en refusant de voir les limites amenées par la psychose et de réviser leurs attentes. Il est aussi souhaitable de laisser le jeune choisir son propre cheminement et son nouveau projet de vie, si c’est le cas. La surprotection, et notamment en contrôlant la médication,  le diagnostic ou encore les finances, est un comportement qui peut être normal.

Liens utiles 

Groupe psycho-éducatif s’adressant aux proches de personnes atteintes d’un état psychotique
(programme 2016-2017)

Avant de craquer (ressources pour les proches)

Trouver des ressources par région administrative du Québec:

Groupes de support AMI-QC
Information pour la famille (AMI-QC)
Liste de ressources en santé mentale (SQS)

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Vous êtes le parent ou l’ami d’une personne qui souffre
de troubles mentaux?
L’AQPAMM est là pour vous.

Il est peut être très stressant de constater qu’un proche souffre de psychose. Vous pouvez vous sentir choqué, confus, frustré ou coupable. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de se sentir.

Vous aussi pouvez avoir besoin d’aide et il peut, encore une fois, être difficile de l’admettre et de l’accepter. par contre, il faut parfois se rendre à l’évidence que d’avoir à charge une personne souffrant de psychose puisse être un défi, particulièrement si cette personne refuse d’admettre qu’elle a un problème ou si  elle ne souhaite pas collaborer (prendre ses médicaments, etc.).

L’aide aux proches (familles et amis) peut aussi prendre la forme de formation et d’éducation en matière de santé mentale. Des groupes de soutien sont organisés à plusieurs endroits (voir liens cliquables ci-haut). Vous pouvez aussi demander aux membres de l’équipe traitante de vous référer aux ressources les plus appropriées.

SERVICES AUX FAMILLES

Groupe psychoéducatif s’adressant aux proches de personnes atteintes d’un état psychotique

Un groupe psychoéducatif s’adressant aux proches vise à donner l’information sur la maladie, son traitement et la façon dont les proches peuvent aider la personne malade.  Les études démontrent que lorsque les proches participent à cette modalité d’intervention, le nombre de rechute de la maladie est réduit Pour les familles vivant plus de difficultés à s’adapter à la maladie ou à la nouvelle réalité de leur proche ou qui vivaient déjà des tensions auparavant, peuvent bénéficier de deux services.

Concultez l’invitation aux proches de personnes atteintes d’un état psychotique - Programme 2019

Thérapie systémique familiale ou de couple individuelle

La thérapie familiale permet un soutien actif et un travail au niveau de l’actualisation des compétences familiales en favorisant la résolution de problème, l’amélioration de la communication au sein de la famille et la reprise d’un développement plus harmonieux tant pour le jeune que sa famille. De plus, elle tente d’augmenter graduellement l’autonomie du jeune et améliorer le fonctionnement global de la famille. Il s’agit de rencontres où toute la famille ou minimalement 2 membres (incluant le jeune suivi à JAP) sont réunis avec deux thérapeutes spécialisés.

Thérapie de groupe multi famille (à venir)

La thérapie de La thérapie de groupe multi famille (Multiple family groupe therapy (MFGT)) a pour but d’accompagner les personnes qui ont traversé un épisode de psychose et leurs familles dans la période de rétablissement. L’objectif est de les aider à développer des stratégies d’adaptation et un réseau de support social afin de réduire les sentiments de confusion, d’anxiété et d’épuisement qui peuvent suivre une telle épreuve. En général, 5 à 7 familles participent au groupe qui a lieu une fois aux 2 semaines. Les premières sessions sont consacrées à la psychoeducation et les suivantes se basent sur la résolution de problème pour promouvoir la socialisation et le retour à une activité productive.

Toutes ces interventions sont également possibles auprès de la fratrie et des enfants (du jeune suivi à JAP) au besoin.

TÉMOIGNAGES

Témoignage d’une mère

« Il y a encore beaucoup de préjugés par rapport aux gens qui ont des problèmes de santé mentale, à l'effet qu'ils sont des personnes violentes.

Je le sais maintenant que ce n’est pas vrai. Il ne faut pas se fier aux médias et généraliser. Les gens qui ont fait une psychose sont plus souvent dangereux pour eux-mêmes que pour les autres. »

 

Lire son témoignage pour en savoir plus 

 

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